La motricité libre chez l’enfant : définition, mise en pratique et bienfaits

motricité libre
Par Carrefour Assurance | 06 Février 2021

Laisser l’enfant évoluer librement sous le regard bienveillant de l’adulte : voilà ce que propose la pédiatre Emmi Pikler avec le concept de la motricité libre. L’objectif principal de cette méthode est de permettre à l’enfant d’aller à son propre rythme pour qu’il se développe harmonieusement, et pour qu’il devienne autonome. C’est à lui de découvrir son corps et d’explorer ses capacités. Concrètement, comment faire ? À partir de quand peut-on commencer à mettre en pratique la motricité spontanée ? Découvrez toutes les clés pour accompagner au mieux votre enfant dans cette démarche pédagogique.

Définition de la motricité libre 

La motricité libre est un concept développé par la pédiatre hongroise Emmi Pikler dans les années 1960. Le Dr Pikler pense qu’il faut laisser l’enfant libre de ses mouvements pour lui permettre d’explorer son corps, et de se développer en toute confiance. Au fil de ses expériences et de ses observations, notamment auprès d’enfants dans la pouponnière Loczy à Budapest, elle met en place différents principes qu’elle vérifie au cours de ses recherches.

bébé sur un tapis

Emmi Pikler découvre ainsi que le développement moteur s’acquiert naturellement et dans un ordre précis. Ses travaux de recherche sur plus de 700 enfants montrent que tous les enfants – sauf ceux atteints d’un trouble –, passent par les mêmes étapes de développement si l’adulte n’intervient pas. Elle affirme également que cette liberté donnée aux enfants leur apporte un sentiment d’accomplissement et de sécurité

Le principe de la motricité libre consiste donc à laisser les bébés expérimenter, explorer, tâtonner et répéter les mouvements aussi longtemps qu’ils le souhaitent pour finalement les acquérir complètement. L’adulte doit avoir une posture en retrait lors de ces moments d’exploration. La motricité spontanée ne permet pas à l’enfant d’acquérir les postures ou de marcher plus rapidement et parfois, les acquisitions peuvent être plus lentes par rapport aux autres enfants. Cependant, cette forme d’apprentissage permet de respecter le développement musculaire et psychique de l’enfant.

À partir des années 1970, cette pensée piklérienne sera reprise en France, par la psychologue Geneviève Appell et la pédopsychiatre Myriam David. C’est ainsi que ce concept de motricité libre est de plus en plus adopté dans les structures d’accueil des enfants, et également par certains parents.

 

La motricité libre en pratique 

 

Ce qu’il faut mettre en place

Pour instaurer la motricité libre avec votre enfant, il faut d’abord aménager un espace de jeu sécurisé pour qu’il puisse l’investir à son rythme et à sa manière. 

Votre bébé peut être installé sur le dos, sur un tapis, dès ses premières semaines. Il pourra petit à petit apprendre à se déplacer en toute liberté, sans que vous ayez besoin d’intervenir. Déposez près de lui quelques jeux de différentes textures et laissez-le les attraper par lui-même. L’enfant va ainsi découvrir ses mains puis attraper des objets. Il réalise ses propres expériences motrices, et se développe harmonieusement. Vous pouvez appliquer le même principe lors du bain de bébé. Installez-le dans une baignoire à fond plat, avec de l’eau jusqu’au niveau des oreilles. Puis, laissez-le attraper les jouets autour de lui ou simplement faire de petits mouvements dans l’eau.

 

Picto bébé boules

L’astuce en plus

Évitez de mettre trop de jouets sur le tapis de votre bébé. L’idéal est de proposer une thématique à votre enfant pour ne pas disperser son attention. Cela peut être des instruments de musique, des objets en bois, en tissus, des jouets qui roulent, etc. Quand l’enfant montre un désintérêt au bout d’un moment, proposez-lui un autre jeu.


Pour les enfants plus grands, laissez à disposition des jeux liés à la motricité, tels que des ballons, un vélo, des jeux d’encastrement ou de construction. Ils pourront ainsi jouer librement, selon leurs envies et leurs besoins du moment. 

Bien sûr, avec toutes ces découvertes un petit accident peut vite arriver ! Alors pour garder l’esprit tranquille tout en laissant votre enfant explorer son environnement, n’oubliez pas de souscrire à une assurance scolaire et extrascolaire. Votre enfant sera ainsi protégé en cas de pépin.

Toutefois, l’enfant, même s’il est libre, n’explore pas le monde seul. L’adulte doit être présent pour l’accompagner et l’encourager dans ses découvertes et vers son autonomie. Cependant, l’intervention doit être faite de façon indirecte. Concrètement, l’adulte ne fait jamais les choses à la place de l’enfant, il le laisse prendre des initiatives, mais il reste vigilant face à ses sensations et ses émotions. Il doit donner un cadre et intervenir si l’enfant est fatigué, s’il s’ennuie, ou s’il semble frustré. Par ailleurs, il est important de ne pas se mettre en colère et de rester encourageant.

Aussi, pour aider l’enfant dans l’apprentissage de la marche, il est préférable de le laisser au maximum évoluer pieds nus à la maison, sans chaussons ni chaussures pour qu’il puisse sentir ses appuis et découvrir son équilibre.

Le principe de la motricité libre peut également s’appliquer au quotidien, et pour même pour l’apprentissage de la motricité fine. En tant que parents, vous pouvez par exemple laisser votre enfant s’entraîner à mettre ses chaussures tout seul, le laisser manger sa nourriture, le laisser jouer avec les objets qui l’entourent, et expérimenter tout ce qui suscite son intérêt. De manière générale, prenez l’habitude de ne pas faire les choses à sa place.

Ce qu’il faut éviter 

Pour favoriser sa motricité libre, évitez de mettre l’enfant dans une position qu’il ne maîtrise pas et dont il n’a pas encore acquis le contrôle par lui-même. Par exemple, ne mettez pas votre enfant assis tant qu’il ne s’assoit pas tout seul, car si vous le mettez dans cette posture le bébé est bloqué, il devient rigide pour pouvoir tenir son dos et ne peut donc plus bouger.  

Il sera également préférable de limiter, dans la mesure du possible, l’utilisation de certains articles de puériculture qui empêchent l’enfant de bouger librement et qui pourraient entraver son développement moteur. Les cales bébés sont ainsi à éviter et le transat peut être utilisé, mais plutôt de manière ponctuelle, et pas plus de 20 minutes.

Quant au trotteur, connu aussi sous le nom de youpala, sachez qu’il est désormais interdit dans certains pays comme le Canada pour la simple et bonne raison qu’il est dangereux. En effet, de nombreux accidents domestiques ont été observés avec l’utilisation de cet objet, notamment des chutes dans les escaliers. De plus, contrairement à ce que l’on pourrait penser, le trotteur entrave le développement de la marche. Pour se mettre debout, l’enfant doit apprendre à jouer avec ses points d’appui et son équilibre. Ensuite, c’est à force d’entraînements que ses muscles vont se renforcer et se coordonner naturellement. Or, lorsque l’on installe un enfant dans un trotteur, on le prive de toutes ces expériences constructrices pour sa motricité, et on risque de provoquer chez lui des déformations au niveau de ses jambes, de ses pieds et de ses hanches.

Bébé jouet à la bouche

 

Les objectifs de la motricité libre

L’objectif premier de la motricité libre est de permettre à l’enfant de développer seul ses capacités motrices. Il devient acteur du développement de sa motricité globale en expérimentant de nouvelles positions et il peut ainsi tester les limites de son corps. C’est l’enfant lui-même qui construit ses acquisitions, et qui comprend ce qu’il peut ou ne peut pas faire. Cela lui permet, au fil du temps, de progresser à son rythme, et de prendre confiance en lui

La motricité libre favorise aussi l’esprit d’initiative et la créativité : le jeune enfant doit faire preuve d’inventivité pour trouver de nouvelles façons de bouger, ou pour attraper un objet. 

D’un point de vue médical, l’activité spontanée réduit les risques de plagiocéphalie chez le bébé, c’est-à-dire le risque d’aplatissement de la tête, soit sur un côté soit sur tout l’arrière du crâne. Grâce à des mouvements libres, le bébé muscle naturellement sa nuque et apprend à changer de position. Le syndrome de la tête plate pourra donc être évité.

 

Les bienfaits à long terme

En réalité, les bénéfices de la motricité libre vont bien au-delà des premiers mois ou des premières années de l’enfant. En effet, un bébé qui est libre de ses mouvements prend confiance en lui et en son environnement pour le reste de sa vie. Il a moins d’appréhension pour se séparer de ses parents et pour devenir autonome. Un sentiment d’accomplissement se développe également en lui au fur et à mesure qu’il comprend ses capacités.

Confronté dès son plus jeune âge à se donner les moyens d’obtenir ce qu’il souhaite et à différer ses désirs s’il n’est pas capable de les atteindre, l’enfant gagne en patience et en persévérance

Plus qu’un concept, la motricité libre est finalement une philosophie de vie : c’est à l’adulte de respecter l’enfant tel qu’il est, avec son rythme, et avec ses centres d’intérêt. C’est aussi un bon outil pour établir une relation de confiance entre l’enfant et ses parents. 

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